« Super coraux », « Coraux 2.0 »

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marcopolo
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Suite du post "Coraux et réchauffement climatique" : viewtopic.php?f=101&t=19875



L'idée est de sélectionner ou de fabriquer des coraux résistants au réchauffement climatique. Les écologistes, dans leur majorité, n'y croient pas ; le mieux est de voir auprès de ceux qui se sont lancés dans l'aventure comment ça marche.

Deux femmes en sont à l'origine : Ruth Gates, récemment décédée, de l'Institut de Biologie Marine de Hawaï.
Les coraux y sont élevés dans des conditions de stress calibrées. Ceux qui survivent sont croisés et leur progéniture réintroduite dans les viviers pour y subir un stress supplémentaire.
C'est la nouvelle notion d' « évolution assistée ».
Ces coraux résistants pourraient ensuite servir à ensemencer les récifs.
Madeleine van Oppen travaille à l'Université de Melbourne en Australie. Le blanchissement du corail est dû à la détérioration de la relation des coraux avec leurs micro-algues symbiotes. Quand la température augmente les algues dégagent à des niveaux élevés des radicaux libres. Pour se protéger les coraux expulsent leurs algues et, donc, deviennent blancs. Si la vague de chaleur est courte les coraux peuvent attirer de nouveaux symbiotes, sinon ils meurent de faim.
Voici quelques pistes à explorer :
- certaines bactéries associées aux coraux piègent les radicaux libres. Peut-on utiliser des probiotiques marins ?
- Certaines micro-algues tolèrent mieux la chaleur, peut-on encourager les coraux à les utiliser ?
- L'un des post-doctorants de Madeleine élève une variété de symbiote Cladocopium goreaui pour sélectionner les variants suportants les stress thermiques.
Les expérimentations ont lieu au National Sea Simulator situé à Townsville à 2400 kms au nord de Melbourne. Dans certains aquariums de ce simulateur de mer le pH et la température sont réglés pour simuler la mer de Corail en 2020, d'autres simulent des mers plus chaudes de 2050. Les travaux concernent principalement l'espèce ramifiée Acropora tenuis. L'équipe de Madeleine récupère lors des pontes les bundles ou grappes de gamètes et détermine les accouplements : acropores du nord de la Barrière plus chaud avec des acropores du sud ou croisement de différentes espèces pour créer des hybrides.
L'ensemencement ultérieur du récif avec les super coraux apparaît un projet colossal : pour sauver un dixième de la barrière il faudrait ensemencer une zone de la taille de la Suisse. L'idée, pour eux, est d'aider le récif à survivre pendant 20 ou trente ans, le temps de faire baisser les émissions.

Je me demande si les coraux, tous seuls, ne seront pas plus efficaces...


« Des poissons dans le désert » Elisabeth Kolbert, 2021.
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